vendredi 3 mai 2013

« Un magnifique exemple de don de soi… »

Mon journal de sage-femme, de Lisbeth Burger. Entretien (extrait) avec un médecin à l'occasion de la réédition de l'ouvrage.

Lecture et Tradition : (…) A lire ce que vous avez tiré de ce Journal de sage-femme, nous mesurons à quel point l’ambiance générale et les conditions dans lesquelles L. Burger a exercé sa fonction n’étaient pas matériellement très favorables : elle a dû, ainsi, affronter, tout au long des quarante ans de sa carrière, des quantités de difficultés  que l’on ne peut imaginer aujourd’hui, tant cela nous semble définitivement remisé dans les oubliettes de l’histoire.
 
Réponse : Le grand avantage du livre est de se présenter comme le témoignage direct et vivant d’une époque, d’un passé, désormais révolu de façon définitive dans de nombreux domaines. Songez que pour se rendre au chevet de ses patientes, elle a effectué l’essentiel de ses déplacements à pied ou à bicyclette, sans se préoccuper des intempéries et difficultés climatiques puisqu’elle savait que là se trouvait son devoir et l’accomplissement de l’engagement qu’elle avait pris en acceptant de se consacrer au service des mères prêtes à donner la naissance à leurs enfants. Il n’était pas question de retarder son intervention sous quelque prétexte que ce soit. Il est un autre phénomène qu’elle décrit comme un progrès très utile, celui qu’elle appelle la « grande victoire » de l’éclairage électrique à domicile qui s’est substitué aux « horribles lampes à pétrole utilisées encore : cela sent mauvais et les petits ont la bizarre habitude de naître de préférence la nuit. Vraiment, quel amusement, cette lumière nouvelle : on tourne un bouton et voilà ! Ma mère redoute là-dessous quelque chose de pas catholique… Pour moi, je me dis : lorsque les hommes font une nouvelle découverte, c’est que le Créateur leur permit de regarder plus avant dans son jeu. Certainement, combien de merveilles encore dans le monde que nous ne savons ni ne comprenons… »
 
L. et T. : Dans ce contexte, Lisbeth Burger donne pour notre monde contemporain une exceptionnelle leçon, un magnifique exemple de don de soi, de charité, d’amour du prochain dans l’acception intégralement chrétienne de ces notions.
 
R. : Lisbeth Burger était assurément une catholique convaincue et fidèle à l’enseignement, aux dogmes et aux préceptes de l’Eglise : elle avait été éduquée dans ce sens par sa mère et cette foi « chevillée au corps » transparaît pratiquement dans chacun des chapitres de son ouvrage. Ainsi, dès les premières pages de ses souvenirs, quand elle fait le récit de ce qu’elle appelle « Mon premier cas », elle évoque les appréhensions de sa mère, inquiète de savoir si sa fille sera « à la hauteur » de la tâche qui l’attend. Elle lui répond : « Maman, j’ai appris, sois sans crainte. M. le curé m’a dit, quand je partirai ainsi pour un accouchement, d’appeler à mon aide tous les saints anges : le mien, celui de la maman, celui de l’enfant, qui est près de lui dès l’instant de la conception : il y a là une âme, il y a donc aussi un ange gardien ».
 
L. et T. : Vous avez relevé d’autres exemples  de cette très confiante foi en Dieu qu’elle exprimait sans cesse ? A-t-elle pu, ainsi, la transmettre autour d’elle ?
 
R. : Le récit déborde de tels exemples. Il n’est pas dans notre propos de tous les citer, bien entendu, mais il en est certains qu’il faut absolument mentionner. Ainsi, cette comparaison avec la Sainte Vierge : « Tout ce que souffre ordinairement une mère pour son enfant, la Vierge Marie ne l’endura pas à la naissance de Jésus, mais elle fut d’autant plus torturée dans ses derniers instants… Oui, et pour finir c’est le matin de Pâques. La naissance d’un enfant, c’est toujours, me semble-t-il, une joie pascale. La souffrance disparue, une nouvelle vie est apparue, l’amour est vainqueur. Cette victoire, à l’amour maternel de s’en réjouir ».
 
Après la naissance de jumeaux, dans des conditions un peu difficiles, le père, rassuré sur l’état de santé de sa femme et de ses enfants, quitte le domicile pour se rendre tout de suite à l’église afin de remercier Dieu.

lundi 15 avril 2013

Mon journal de sage-femme. Ma vie pour 2283 enfants, de Lisbeth Burger

A l’occasion de la réimpression de ce livre, un médecin, ami et proche de Chiré, a bien voulu nous accorder pendant quelques instants un entretien au cours duquel il a répondu à nos questions concernant son contenu, sur le plan médical, bien entendu, mais sans négliger les nombreux autres aspects inattendus que l’on peut découvrir tout au long de cet ouvrage, dont l’enseignement est très riche pour notre époque, malgré les apparences immédiates.

Lecture et Tradition : Il nous semble nécessaire, en préambule de cet échange de propos et avant de connaître votre sentiment sur le contenu du livre, de donner quelques informations afin de permettre de situer dans quelles circonstances Lisbeth Burger a effectué sa fonction de sage-femme.
 
Réponse : Cela peut paraître paradoxal aujourd’hui, mais effectivement j’ai beaucoup apprécié le témoignage de cette sage-femme qui a œuvré il y a cent ans, à une époque où les pratiques médicales étaient à cent lieues de celles que nous connaissons de nos jours.
Lisbeth Burger a exercé sa profession, pendant quarante ans, de 1887 à 1927, dans une commune assez importante du sud de l’Allemagne (que je pense pouvoir situer en Franconie), au milieu d’une population variée, représentant l’image de la structure sociale de l’époque : gros et petits fermiers, journaliers, ouvriers, employés, hommes d’affaires, deux médecins, un pharmacien, un garde forestier, puis des directeurs d’usines, car, pendant ces quarante années, se sont installées des établissements industriels (que L. Burger appelle des « fabriques ») avec, à leurs têtes, des responsables.
La période historique est intéressante, puisqu’elle recouvre le IIe Reich, les événements graves de la Première Guerre mondiale et la République de Weimar qui a suivi, en Allemagne, la défaite de 1918. Ces longues années (près d’un demi-siècle) nous permettent de suivre quelles furent les modifications et l’évolution (dans le bon ou mauvais sens du terme, selon les domaines auxquels elle s’applique !) de la vie de cette contrée, mi-rurale, mi-artisanale, qui se trouve voisine de la France et peut nous aider à connaître ce qui se déroulait parallèlement à l’intérieur de nos frontières.
 
L. et T. : Puisque nous sommes dans cette analyse, vous semblez avoir été intéressé par les conditions de vie que connaissaient ces populations qui, après avoir subi les conséquences de la précédente guerre de 1870, allaient devoir affronter les épreuves d’un nouveau conflit pendant cinq ans.
 
R. : En effet, les conditions de vie, entre les débuts de la prise de fonction de L. Burger et les années 1910 se sont peu à peu dégradées pour devenir de plus en plus difficiles : d’une part, après 1870, des plans et systèmes sociaux instaurés par le gouvernement allemand étaient « matériellement performants », mais parallèlement, ils ont petit à petit modifié les mentalités, si bien que le « sens de la vie », tel qu’il était appliqué précédemment s’est transformé en un égoïsme matérialiste aggravé par les restrictions alimentaires qui rendaient beaucoup plus difficiles la nourriture de nombreux enfants par famille. Ces restrictions étaient aussi la conséquence de l’augmentation importante des prix des denrées de base : celui des œufs a doublé, quant au beurre, il a subi une hausse considérable. Les conditions de travail devenaient plus difficiles, ce que nous appelons aujourd’hui le chômage se développait, les hommes soumis à l’oisiveté et désœuvrés, s’adonnaient trop souvent à la boisson. La situation était telle, en 1912, que la population semblait désirer et même souhaiter une « bonne guerre », car « cela ne peut plus durer. Tout le monde le dit, d’ailleurs : il faudrait une guerre, ça irait mieux après… ». Pour illustrer cet état d’esprit, je cite quelques-uns des commentaires de L. Burger : « Nous étions en 1912. Le diable seul savait l’origine de cette expression. La voilà d’un coup, comme apportée par le vent, surgissant à tout propos et comme une idée fixe, elle s’incruste dans la tête des gens. Vraiment, ils ignorent de quoi ils parlent, ne songeant absolument pas à ce que cela cache de malheur, de détresse, de mort, pour des centaines de milliers d’hommes. On n’y voit plus qu’un espoir pour des temps meilleurs (…) ».
 
L. et T. : Et ce qui devait arriver, finit par se produire : le 31 juillet 1914 est annoncée la déclaration de guerre. L. Burger décrit cet événement tragique dans quelques passages particulièrement évocateurs.
 
R. : Et ce qu’elle dit reproduit certainement le sentiment qui avait cours dans les foyers : la guerre avec la Russie ! La guerre avec la France ! La mobilisation générale ! Dès demain, les hommes se mettent en route… Nous y allons aussi, nous y allons tous ! Nous leur montrerons ce qu’est l’Allemagne. Nous n’attendons pas l’appel ! Nous nous engageons. Mais avec la guerre arrivent les difficultés quotidiennes, les épreuves, le malheur. La guerre n’est pas un « gentil divertissement » permettant d’assouvir sa haine à l’égard de son ennemi, une affaire de quelques semaines au terme desquelles la victoire est assurée avant de rentrer chez soi satisfait et rasséréné. Cela n’a rien à voir avec la triste réalité que doivent surmonter les populations civiles : « Depuis de longs mois, nous voilà en pleine guerre mondiale, le malheur arrivant plus vite que supposé, comme si la parole inepte, irréfléchie avait déchaîné cette monstrueuse catastrophe. Désormais, le canon gronde, vomissant la mort et la ruine sur toute l’Europe (…) Après quelques mois, la situation se retourna : non la marche en avant, mais la funeste guerre des tranchées et l’espoir d’une fin rapide disparut. On s’organisa pour une guerre de longue durée. Les usines reprirent le travail, tout ce qui avait des mains allait en atelier. Les femmes, les enfants, dès l’école terminée, prenaient la place des hommes partis au front. On nous expédia des prisonniers russes, en partie pour la culture, en partie pour les usines (…). Ainsi, tout s’organisa progressivement pour une longue durée. Les épouses de combattants recevaient à présent leur allocation, la plupart gagnant avec cela un salaire. On ne peut pas dire qu’il y ait eu à ce moment de la misère, à cet égard toutefois, mais dix enfants déjà, en cette première année de guerre, étaient orphelins avant même leur naissance : dix seulement chez nous ! ». Pardonnez-moi si je me suis attardé sur cette période du conflit généralisé en Europe, mais il m’est apparu, en lisant le livre, comme un tournant capital, peut-être même essentiel, dans l’évolution des mentalités et des conditions de vie des populations qui n’étaient plus du tout les mêmes avant 1914 et après 1920. Il est indispensable de souligner ce phénomène, car il s’applique à l’ensemble de notre continent qui a été complètement bouleversé par cette terrible guerre que l’on peut qualifier de « civile », puisqu’elle a entraîné de façon parfois irrémissible des déchirures, des divisions et des discordes devenues irréconciliables tant dans les familles que dans les différentes composantes des sociétés. Rappelons très rapidement, pour mémoire, que de la « Grande guerre » sont issues les horreurs qui ont mis l’Europe à feu et à sang pendant près de quatre-vingts ans, provoquant des centaines de millions de victimes !…


Extrait du n° 24 - nouvelle série (avril 2013) de Lecture et Tradition

vendredi 12 avril 2013

Motifs et raisons de l'insurrection vendéenne (1793)

Entretien avec Henri Servien (extrait)

Lecture et Tradition : En ce mois de mars 2013, nous commémorons le 220e anniversaire du déclenchement des guerres de Vendée (1793). Bien que plusieurs de nos lecteurs doivent bien connaître la question, il nous semble important, pour les plus jeunes d’entre eux, de leur rappeler les motifs et les raisons de cette insurrection. 

Henri Servien : Il s’agit du soulèvement populaire, rural et religieux des habitants de l’Ouest de la France contre la Convention. Elle se déroula de 1793 à 1796 (avec une brève interruption de février à juin 1795). Durant les deux premières années, on peut dire que sept cent soixante-dix paroisses se soulevèrent contre la Révolution incarnée par la Convention. Sans doute il y eut ailleurs des soulèvements de même nature, mais il n’y eut qu’en « Vendée militaire » que se levèrent de véritables armées. Cette vaste zone d’environ 10 000 km² de superficie, peut se délimiter par la Loire au nord (entre Paimboeuf et Angers), l’océan Atlantique à l’ouest, des Sables d’Olonne à Parthenay au sud et de Parthenay à Angers à l’est.
L’insurrection, pour faire bref, est le résultat de plusieurs causes qui s’interpénètrent, se complètent et s’enchaînent. Parmi les causes matérielles, on trouve : les impôts trop lourds, la vente des biens nationaux aux bourgeois des villes, la perte de privilèges anciens (pour les « marches » de Bretagne par exemple). Mais les raisons principales, évoquées partout, sont les bouleversements apportés par la Constitution civile du clergé qui entendait régir l'Eglise de France. Les premiers troubles apparurent avec l’installation par la force de curés « jureurs » dans les paroisses. Or les populations de cette région avaient une « piété forte, régulière, communautaire ». Ils étaient très proches de leurs prêtres.
Il est à noter que ni les changements administratifs (les départements) ou fiscaux, ni la nationalisation des biens du clergé, ni la suppression des ordres religieux ne suscitèrent de révoltes nettes. Des troubles parfois vifs mais sans lendemain. En revanche ce fut le cas avec la Constitution civile du clergé (12 juillet 1790) : les évêques et les curés seront désormais élus non par tous les paroissiens, mais par les « électeurs », principalement des bourgeois aisés souvent voltairiens. Sous peine de perdre fonctions et traitement, les ecclésiastiques doivent prêter serment. Ils sont mis sous la férule de l’Etat. L’Eglise est coupée de Rome.
Les premiers troubles éclatèrent à l’occasion des changements de curés. Car rapidement furent pris des décrets d’expulsion contre les prêtres « réfractaires », les « bons prêtres », fidèles à Rome. Ils furent internés avant d’être déportés hors de France. Au péril de leur vie, des fidèles cachèrent les autres prêtres devenus clandestins. Dans les Mauges, dans le Bocage, il y eut des attroupements et des bagarres. La déchristianisation imposée par les révolutionnaires fut ressentie par les gens de l’Ouest comme une violence insupportable. Dès les débuts de l’insurrection, les Vendéens (ainsi nommés parce qu’eurent lieu dans ce département les premières défaites républicaines), portent l’insigne du Sacré-Coeur, le chapelet et récitent leurs prières. Les paroisses qui se rassemblent, sont accompagnées par leurs curés réfractaires.
L’agitation augmenta avec les annonces de la mort du roi (apprise à la mi-février 1793). Elle s’accrut avec les décrets des 20-24 février 1793 qui imposaient le recrutement de 300 000 recrues pour l’armée des frontières. Il était précisé que les administrateurs civils et les gardes nationaux (les « patauds » comme les appelaient les paysans) ne partiraient pas à la guerre. Entre le 10 et le 15 mars, un peu partout, des jeunes gens convoqués pour tirer au sort, refusent et affrontent les gendarmes. Au début, les mots d’ordres paysans sont simples : ils refusent de partir se battre pour la République aux frontières et ils demandent le retour des « bons prêtres ». Ils choisirent leurs premiers chefs parmi les artisans ou les paysans puis allèrent chercher ceux qui avaient été officiers : les nobles revenus dans leur domaine suite au bouleversement révolutionnaire. Pendant les premières semaines, ces troupes improvisées allaient voler de succès en succès. L’épopée commençait.

Extrait du n° 23 - nouvelle série (mars 2013) de Lecture et Tradition


lundi 11 mars 2013

L'islam n'est pas soluble dans l'Occident

 Regardons au niveau politique. Y a-t-il de la place pour la réflexion dans l’islam ? La politique en islam, c’est l’établissement du Dar (maison) el islam. Il n’y a donc pas de place pour la liberté et la réflexion dans la politique islamique. Je peux lire le texte d’un frère musulman, c’est impressionnant. « Chaque personne dans la société doit être un islam, un Coran sur deux pattes, ses actes doivent être le Coran, sa foi, son culte, ses moeurs, ses relations, ses pensées, ses émotions, tout son comportement, doivent être un Coran. » Il n’y a pas vraiment de place pour l’individu. L’individu n’a pas de place, ce sont vraiment des sociétés étouffantes et totalitaires. Impossible de se dégager de la matrice.

Autre difficulté pour la « solubilité » de l’islam : l’absence de référence. Même si c’était possible, à qui doit-on s’adresser pour effectuer cette opération ? Il n’y a pas d’autorité représentative de l’islam. Aucun musulman, aucune association islamique peut dire : je représente l’islam, je suis l’islam, je peux réformer l’islam. Des intellectuels musulmans de bonne volonté proposent des réformes tout à fait intéressantes, concoctent « un islam des lumières » mais ces érudits ne représentent qu’eux-mêmes ; ils ne représentent personne. Qui représente l’islam, chaque musulman mais il n’y a aucune instance au-dessus. Personne entre le musulman et Dieu. Donc à qui s’adresser pour proposer une réforme de l’islam, il n’y a aucune mosquée plus importante que les autres.

Vous voyez que toutes ces difficultés s’ajoutent les unes aux autres. Encore autre grande difficulté : l’absence et le refus de recherche, ils ne veulent pas faire de recherche de leurs sources, rejettent toute exégèse de leurs textes. Il y a un refus catégorique, le Coran est divinisé, ils disent qu’ils n’ont qu’un seul Dieu mais le Coran est vraiment divinisé puisqu’ils disent qu’il est incréé, donc l’égal de Dieu. D’ailleurs tous ceux qui entament une exégèse finissent mal,  je pense  à un scientifique allemand, Christoph Luxenberg – pseudonyme – qui a fait une lecture syro-araméenne du Coran. Il a une fatwa sur lui et donc il se cache.

Que peut-on faire, nous, en tant que catholiques confrontés à cette situation ? Nous sommes incapables de dissoudre l’islam. Il faut soutenir les personnes de la communauté musulmane que l’on appelle l’Oumma. Il faut les aimer en charité et en vérité. Il ne faut jamais disloquer les deux. Dans la vérité, il faut les aider avec tendresse et fermeté à rompre leurs chaînes, il faudrait essayer de les faire réfléchir sur leurs origines de l’islam, sur l’origine du Coran, sur la vie du prophète ; il faut les aider à se poser des questions, leur donner des livres qui peuvent les aider à faire la lumière. Et, dans la charité, il faut aussi les aimer, prier pour eux et faciliter leur conversion. Il ne faut pas faire que de la charité attardée comme certains théologiens et religieux « modernes » qui font du dialogue interreligieux un dogme, mais qui ne veulent jamais aborder le problème qui fâche justement, celui de la liberté de changer de religion. C’est un problème qui fâche et dont on doit parler. Il faut les aider à rompre ces chaînes parce que si on ne les aide pas ce sont eux qui vont nous enchaîner.

Ce processus est irréversible, à chaque fois qu’un pays est dirigé par la Charia, il essaye d’enchaîner tout le monde : Regardez le Mali, l’Egypte… Regardez l’histoire : en 900, l’Andalousie était aux 3/4 chrétienne ; en 1000, il n’y avait plus qu’1/4 de chrétiens. Par le poids des conversions, des mariages, des législations, des statuts de dhimmis (statut inférieur) pour ceux qui n’acceptent pas l’islam, par la transmission de la peur et du politiquement correct, le processus d’islamisation se poursuit irréversiblement. Cela va très vite. Il faut dire aussi que dans aucun des 57 pays musulmans, la liberté de cons­cience, de pensée ou de religion n’est envisageable. C’est-à-dire que pour un musulman qui voudrait se convertir c’est la mort, soit la mort sociale comme la Turquie, soit la mort physique comme en Iran. Ce n’est pas possible de se convertir. Le printemps arabe se transforme bel et bien en hiver charia.
 
Clotilde CLOVIS
(extrait de sa conférence 12 ans en terre d'islam, Journées chouannes 2012)
 

Extrait du n° 22 - nouvelle série (février 2013) de Lecture et Tradition

mercredi 6 mars 2013

1793-2013 : 220ème anniversaire des guerres de Vendée

Nous l’avons titré sur notre couverture : ce mois de mars 2013 correspond au 220e anniversaire du déclenchement des guerres de Vendée (mars 1793). Nous avons tenu à commémorer cet événement très important de notre histoire en recueillant les propos de l’entretien qu’a bien voulu nous accorder Henri Servien, l’auteur de la remarquable Petite histoire des guerres de Vendée (1). Il est complété par l’article de Jacques Villemonais sur le très beau livre de Philippe de Villiers, Le roman de Charette.
 
Nous estimons qu’il est indispensable de rappeler régulièrement ce que fut cette extraordinaire épopée qui a tenté de contrer l’entreprise de destruction de la France, tant sur le plan politique (la monarchie) que sur le plan spirituel (l’Eglise catholique et la pratique religieuse). Rappelons-nous la très belle devise des combattants vendéens : Pro aris, rege et focis (Pour les autels, le roi et les foyers). Quoi qu’en disent les prétendues « bonnes volontés » ou les faux conservateurs : la révolution, et sa fille dévoyée la République, ont mis la France à feu et à sang et saccagé un trésor millénaire à jamais disparu (sauf dans l’hypothèse d’une restauration ou d’un rétablissement providentiel et miraculeux). Tout ce que nous subissons et déplorons depuis deux cent ans (guerres mondiales meurtrières, secousses qui agitent la société, unions contre-nature, crime de l’avortement, euthanasie, dépravation de la morale publique, école sans Dieu, etc.), tout ceci remplit le panier débordant des fruits amers qui ont mûri sur les branches du « mauvais arbre de la liberté » révolutionnaire.
 
Les Vendéens de 1793 furent les seuls en France à vouloir anéantir cette perversion. Même s’ils ont humainement échoué, nous avons aujourd’hui l’obligation d’accomplir à leur égard le plus élémentaire devoir de mémoire pour saluer leur immense sacrifice au terme duquel ils nous ont légué par leur exemple, les raisons et les motifs de poursuivre (avec les moyens qui sont à notre disposition) l’admirable combat qu’ils ont mené.
 
C’est ce que nous nous efforçons de réaliser depuis près de cinquante ans. Les pages que vous allez lire dans ce numéro vous permettront de comprendre pourquoi nous avons choisi ce bon combat (bonum certamen).
 
La rédaction de Lecture et Tradition
 
(1) Que les Editions de Chiré avaient publiée en 1983.


Extrait du n° 23 - nouvelle série (mars 2013) de Lecture et Tradition
 

mardi 5 février 2013

12 ans en terre d'islam

En notre époque où la question de l’islam est devenue un « phénomène de société » que l’on met à toutes les sauces et à propos duquel est faite la « part des choses » entre le « bon » islam modéré et très largement « tolérant » et les affreux « intégristes » qui répandent la terreur, la Providence nous a fait croiser le chemin de Clotilde Clovis.
Jeune femme, mariée, mère de deux enfants, elle est venue, au mois de septembre dernier prononcer une conférence, lors de nos Journées chouannes, au cours de laquelle elle a fait part de son expérience vécue de près au cœur de l’islam. Ce fut une révélation pour tout son auditoire, comme ce fut pour nous une révélation de découvrir, tant par ses propos que par les réponses qu’elle a données aux questions de notre entretien qui ouvre ce numéro, l’exceptionnelle acuité de son discernement en la matière et surtout des conclusions qu’elle tire de ce qu’elle connaît désormais sur cette question en ne cachant nullement ce qui lui a permis d’ouvrir les yeux.
Elle estime indispensable de mettre à profit cette expérience pour en informer ses contemporains : l’islam est en guerre contre l’Occident et plus spécialement contre le christianisme et il n’y a qu’un moyen, dit-elle, de « renverser ce colosse », c’est de l’affronter avec les « armes spirituelles que Dieu a mises à notre disposition ».
Mais le combat est d’autant plus difficile à mener qu’après ses « douze ans d’exil » en terre d’islam, elle est rentrée en France consternée par ce qu’elle a constaté : « J’ai pu voir combien la “bête” avait progressé dans les esprits (…) l’avachissement des âmes et des esprits est propice à cet asservissement. Une France qui est prête à légaliser des monstruosités comme le mariage contre-nature n’a plus rien à opposer à une idéologie virile, structurée et totalitaire ».
Nous remercions Clotilde Clovis de tirer cette sonnette d’alarme et vous incitons ardemment à suivre son exemple.
 
La rédaction de Lecture et Tradition
 
Extrait du n° 22 - nouvelle série (février 2013) de Lecture et Tradition

mercredi 23 janvier 2013

L'Inquisition

« L’Inquisition reste dans l’imaginaire collectif un temps de violence et d’abus, le temps d’une justice arbitraire conduite par des religieux fanatiques qui, au nom de Dieu, chassèrent et poursuivirent de leur haine des milliers de personnes dans toute l’Europe, et plus particulièrement dans le midi de la France, entre  Languedoc et Provence. Un temps qui aurait duré tout le Moyen Age.
« Aux hommes et aux femmes de toutes conditions et de tous âges qui ne partageaient pas strictement leur doctrine, ces inquisiteurs acharnés infligèrent les pires tourments, les tortures les plus scélérates, pour finalement les abandonner, sous les injures d’une population en colère, aux flammes du bûcher. Un temps de victimes expiatoires et de boucs émissaires d’un despotisme spirituel. Images de sang, de feu, de cris et de prières publiques, de terreurs, de processions mystérieuses et lugubres. Un temps d’obscurantisme et d’intolérance. Bref, un temps de nuit, d’ignorance, où régnait, victorieuse, la superstition.
« La légende fut bien construite et l’Inquisition espagnole y fut pour beaucoup (…) elle aida à construire une vision délirante de cette organisation ecclésiastique née dans la première moitié du XIIIe siècle. Elle laissa aussi supposer que, dès son origine et partout où elle s’exerça, la justice inquisitoriale, voulue par la papauté, fut toujours l’expression de la cruauté la plus primaire ».
 
Ces quelques phrases sont celles placées par Didier Le Fur en tête de l'introduction de son livre L’Inquisition, enquête historique (France, XIIIe–XVe siècle), paru aux Editions Tallandier, dans lequel il s’efforce de corriger les idées reçues pour éclairer d’un jour nouveau la justice inquisitoriale en France au Moyen Age et mettre en évidence certaines falsifications de l’histoire, privilégiant la vérité historique aux dépens de la légende. Mais réfuter la légende en ce domaine n’est pas entreprise aisée tant la propagande de critique systématique de l’Eglise catholique s’est répandue dans des proportions considérables au  long des huit siècles qui nous séparent de l’époque où l’Inquisition fut instituée en France, principalement pour mettre un terme à l’hérésie  cathare (dite aussi vaudoise ou albigeoise) qui répandait des ravages  dans le Languedoc. Et il est bon de rappeler ici ce que l’on méconnaît beaucoup trop aujourd’hui, du fait de cette propagande.