jeudi 12 mars 2015

Cotignac et la mission divine de la France

Extrait de l'entretien avec Élise Humbert au sujet de son livre (Éditions de Chiré, février 2015)


Lecture et Tradition : Les Editions de Chiré viennent de publier votre récent livre consacré à Cotignac et la mission divine de la France. Ce nom de Cotignac, dans la piété populaire, est habituellement lié à un pèlerinage auprès de saint Joseph auquel se rendent les familles afin de demander son intervention pour la conception et la naissance d’un enfant. A vous lire, c’est bien plus que cela, nous allons le voir. Mais, tout d’abord nous aimerions lire votre réponse à la question que vous posez, dès la première page de votre ouvrage, Pourquoi Cotignac ?


Élise Humbert : Tout d’abord, je tiens à remercier les Editions de Chiré, pour avoir accepté de publier ce livre. Effectivement beaucoup de familles se rendent en pèlerinage à Cotignac, en particulier pour implorer saint Joseph afin d’obtenir des enfants. Elles font bien et les petits « Dieudonnés » sont innombrables. Mais il ne faut pas oublier que ce pèlerinage passe par l’intercession de Notre-Dame de Grâces de Cotignac. En effet  il était déjà effectué à cette intention bien avant l’apparition de saint Joseph, le 7 juin 1660. Je développe cet épisode dans une de vos questions suivantes.

Ainsi que vous le soulignez, les événements qui eurent lieu à Cotignac dépassent largement, nous le verrons dans le développement de cet entretien, le cadre de pèlerinages à saint Joseph pour obtenir la conception et la naissance d’un enfant. Alors, Pourquoi Cotignac ? me demandez-vous.

Comme tous les lieux d’apparitions, Cotignac est le fruit d’une élection céleste.

Pour nous instruire de la mission divine de la France, quoi de plus approprié que ce promontoire dominant un chemin jalonné de lieux hautement symboliques et sur lesquels ont essaimé les premiers évêques qui commencèrent l’histoire religieuse de la Provence ? Marseille (saint Lazare), Aix-en-Provence (saint Maximin), Saint-Paul-les-Trois Châteaux (Maximin Sidoine, l’aveugle guéri par le Christ et qui devient saint Restitut)… Quoi de plus apodictique encore que ce petit village à l’écart des grand routes, mais qui reçut la visite de la Reine du Ciel, de son époux, le « Prince de tous les biens », de l’Archange chef de la Milice céleste, de saints liés à l’histoire religieuse de notre pays, et d’une reine et d’un roi de France, entourés de la pompe de la cour ?

Pour nous avertir des maux à venir, pour nous rappeler le prix de la fidélité, quoi de plus digne pour la Reine du Ciel que d’édicter ses décrets sur un mont qui abrite la tombe de martyrs ?

Pour nous donner le gage des grâces divines, quoi de plus idoine que le rejet, à la voix de saint Joseph, d’une pierre écrasante et le jaillissement d’une source nouvelle, dans la terre aride et brûlante du Bessillon ?
Pour nous révéler la grandeur de ce saint glorieux et sa place dans l’histoire de notre pays, quoi de plus prégnant que son intervention à Cotignac, le jour où le roi Louis XIV fait entrer en France  sa jeune épouse, Marie-Thérèse d’Autriche ?

Enfin, pour nous convaincre de quitter la médiocrité et les attraits du monde afin de  nous élever à l’amour de Dieu, quoi de plus engageant que le chemin pierreux et montant qui mène aux sanctuaires ?

lundi 16 février 2015

Le cardinal Pie. Sa vie, son action religieuse et sociale

(Editions de Chiré, 2014)

Entretien avec Jérôme Seguin à l'occasion de la réédition du livre de Dom Besse (extrait)

Lecture et Tradition : En préambule, dites-nous quelques mots sur les raisons de la réédition du livre de dom Besse.


Jérôme Seguin : Elles sont très simples et très élémentaires. Cette année 2015 commémore le bicentenaire de la naissance de Mgr Pie (16 septembre 1815) qui a occupé le siège épiscopal du diocèse de Poitiers pendant 31 ans (de 1849 jusqu’à sa mort, en 1880). Cette réédition est pour nous l’expression de l’hommage que nous devons lui rendre pour saluer les immenses mérites de son épiscopat poitevin. Toutefois, le motif principal qui a guidé cette réédition est de mettre à la disposition des lecteurs une approche  du contenu de l’enseignement dispensé par le cardinal pendant un tiers de siècle. Comme le dit Jacques Jammet dans son propos liminaire : « Avec ce livre, nous avons une bonne introduction aux œuvres du cardinal ».


L. et T. : Mais qu’ont donc de si important ces œuvres que vous semblez considérer comme essentielles ?


J. S. : Votre question nécessite quelques points pour y répondre. Le premier est de rappeler quel est le contenu de la doctrine immuable de l’Eglise catholique, telle qu’elle a été instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ à son origine, puis ensuite confirmée, enrichie, commentée et expliquée au cours des siècles, par la succession des souverains pontifes, assistés par les innombrables prélats, historiens, exégètes et théologiens qui l’ont transmise jusqu’à nos jours en lui conservant son contenu fondamental (le dépôt de la foi). Et Mgr Pie est compté au nombre de ces meilleurs mainteneurs.

Pour le deuxième point, nous estimons que ce qu’a enseigné le cardinal Pie doit être connu et rappelé aujourd’hui, en nos temps de confusion et d’incertitudes qui ébranlent sérieusement certains piliers « porteurs » de l’Eglise et suscitent le trouble chez les fidèles.

Enfin, le troisième point tient au fait qu’actuellement, dans le domaine de l’édition et de la librairie, il est difficile de se procurer les admirables textes du cardinal dans une édition de qualité. Un condensé en a été réalisé en 2005 (Editions de Paris) par Jacques Jammet sous le titre Le cardinal Pie de A à Z. Si l’on ne peut lire intégralement les Œuvres complètes, il faut, à tout le moins, parcourir cette riche moisson de textes choisis sur de nombreux sujets. Ces pages sont parmi les meilleures et les plus utiles par lesquelles le cardinal nous parle encore. Tel un père et un docteur de l’Eglise, par sa pensée si haute et sa foi si ferme, il a puissamment éclairé son siècle. Ce phare est tellement brillant qu’il peut illuminer aussi le nôtre. Et, si l’on fait partie des « hommes de bonne volonté », on gagnera beaucoup à lire tout ce livre, et beaucoup plus à le relire encore.


L. et T. : Dès la naissance de notre publication (1966), ses fondateurs, sous la houlette de Jean Auguy, se sont immédiatement présentés comme disciples du cardinal Pie, guide et prélat d’exception, d’autant plus que nous sommes situés dans le diocèse de Poitiers. Quel profit peut-on tirer de la lecture du petit livre de dom Besse ?


J. S. : Un profit inestimable, tant son enseignement est riche, varié et abordant tous les domaines de la vie religieuse, politique et sociale. Pour notre époque contemporaine tellement agitée dans laquelle nous vivons, il suffit de rappeler que le cardinal Pie « fut assez prophète pour démontrer que la rupture, consommée par la révolution française et ses successeurs, entre l’ordre chrétien et les doctrines abstraites, engendreraient immanquablement le laïcisme haineux qui, avec l’athéisme, est l’une des bases de nos sociétés modernes Sa singularité tient en ce qu’il n’affirmait rien qui ne se fondât sur la théologie, c’est-à-dire sur l’Ecriture et les Pères de l’Eglise, dont il tirait toutes les conséquences pour le gouvernement des Etats (…) Son plus fidèle disciple fut le saint pape, Pie X qui fit profiter l’Eglise universelle de son enseignement qui renferme aujourd’hui les terribles constats que nous faisons et, en même temps, les moyens efficaces de relèvement » (1).

jeudi 15 janvier 2015

« L’ennemi intérieur de la IIIe République »

(Editions de Chiré, 2014)
Entretien avec son auteur, Pierre-Denis Boudriot (extrait)

Lecture et Tradition : Des mesures visant à exclure des « Indésirables » de la vie sociale ont été prises par des gouvernements radicaux-socialistes. Vouloir rejeter des individus qui, pour la plupart, ont fui leur pays de naissance et sont venus chercher asile et protection en France n’est-ce pas un choix paradoxal pour des hommes politiques, inspirés par la culture des « Droits de l’Homme » et pour beaucoup, membres de loges maçonniques ?


Pierre-Denis Boudriot : Cette politique de répression et d'enfermement menée contre d'authentiques exilés et réfugiés paraît entrer en effet en contradiction flagrante avec les valeurs républicaines dont se réclamaient les hommes qui la mirent en œuvre.
Mais les gouvernements Daladier, puis Reynaud, sont confrontés, depuis 1938, à une conjoncture internationale toujours plus inquiétante et une situation intérieure dégradée, notamment par l’afflux massif et précipité de réfugiés. Certains ministres eurent conscience de cette contradiction cinglante. Tout particulièrement Albert Sarraut, à l’Intérieur. Tout en recommandant, dans ses circulaires aux préfets, l’application la plus rigoureuse des mesures répressives, il s’évertuait à ménager les principes fondateurs de la République. L’exercice, quoique particulièrement ardu, était remarquablement maîtrisé. 
Il faut aussi s'affranchir du lyrisme du Front populaire, de sa mythologie, de la générosité de ses figures tutélaires dont nos rues, collèges et lycées magnifient à l’envi la mémoire. Les hommes du Front populaire sont souvent des hommes d'autorité, épris d'ordre et d'efficacité, à l’exemple de Marx Dormoy, nommé ministre de l’Intérieur fin novembre 1936 et grand pourfendeur de cagoulards.

Cette classe politique communie dans le culte de la Révolution. La montée des périls extérieurs, puis l’entrée en guerre exacerbent le jacobinisme foncier des radicaux-socialistes et les convainc de la légitimité de leur politique d'exception.


L. et T. : Une question se pose : ces immigrés de fraîche date n’étaient-ils que des rejetés des systèmes politiques qui les excluaient ou certains formaient-ils un ensemble d’individus venus en France pour enrichir leur situation matérielle ?


P.-D. B. : Des flux migratoires aussi importants charriaient immanquablement, mêlés aux réfugiés, nombre d'individus malfaisants et d'aigrefins, toujours habiles à tirer parti de ces exodes et rompus à tous les trafics.

L’entrée de tels éléments sur le sol de France ne pouvait qu' alarmer la population.


L. et T. : Il nous paraît intéressant de relever cette notion de « décret-loi » que vous décrivez dans votre livre. En effet, en raison d’un antiparlementarisme de plus en plus aigu dans la population, les gouvernements successifs d’Édouard Daladier (le « Taureau du Vaucluse ») et de Paul Reynaud se sont passés de plus en plus de l’avis du parlement, jusqu’à déclarer la guerre à l’Allemagne sans l’avis de l’Assemblée. Ne s’agit-il pas là d’une forme de dictature ?


P.-D. B. : Si elle ne culmine pas au niveau du pouvoir absolu, l’autorité du  gouvernement s'apparente néanmoins, dès la fin 1938, à une forme de dictature fondée sur l’axiome : à situation exceptionnelle, pouvoirs exceptionnels.

L’accusation de dictature a été portée notamment par l'extrême gauche et le Parti communiste français contre Edouard Daladier. Mais elle est restée sans véritable écho dans l’opinion française, et n’a pas non plus mobilisé les députés.

mardi 9 décembre 2014

Une nouvelle édition de la Petite histoire de France. Entretien avec Henri Servien (extrait)

Lecture et Tradition : Quand parut, en 1978, la première édition de votre livre, il faut avouer qu’autant vous-même que Jean Auguy, l’éditeur, étiez à peu près certains de votre fait. Mais, publier un album cartonné, abondamment illustré, était une entreprise risquée pour une maison totalement indépendante, non conformisme, peu en cour, voire inconnue des circuits de diffusion et distribution du livre, tandis que la concurrence des « grands éditeurs » mettait sur le marché des ouvrages qui paraissaient équivalents mis en vente à des tarifs moins élevés. Cependant, en quelques années, malgré le peu d’aide et de collaboration des confrères et libraires « amis », ce livre se révéla être un « grand succès ». Êtes-vous en mesure de nous expliquer pourquoi ?
Henri Servien : Rendons à Jean Auguy ce qui lui appartient. Sans un éditeur-diffuseur qui fait la publicité nécessaire, la dose et insiste auprès des clients potentiels, les paresses naturelles reprennent le dessus et les livres passent aux oubliettes. Pour les ouvrages de notre famille de pensée, refusés par les gros circuits de distribution, ce travail de réclame est le BA-Ba. Ensuite joue sans doute un peu le bouche à oreille. S’ajoutent, en ce qui concerne la Petite histoire de France, des opportunités conjoncturelles favorables. L’école connaissait déjà des réformes et les conseillers du ministre de l’Éducation nationale (M. Haby) modifièrent les programmes dans diverses matières. Chez nous, depuis la IIIe République, puis plus intensément après 1945, l’histoire était l’objet de luttes politiques. Il fut décidé de proposer une histoire thématique et sociale dans laquelle les collégiens d’abord, les lycéens ensuite, étudieraient non l’Histoire nationale mais des « thèmes » : l’agriculture du néolithique à nos jours, les échanges… Autre point capital, ces survols s’accompagnaient de l’élimination de l’ « histoire-bataille », des grands hommes avec une chronologie peu logique et fort pauvre. En tant que telle, l’histoire de France était dissoute dans l’ensemble européen voir mondial. Bref les élèves s’y perdaient, et pire, se désintéressaient. Les parents s’inquiétaient. En tant que professeur, je rageais.
Devant le risque que disparaissent les principales étapes et les grandes figures de l’histoire nationale, il nous parut à Jean Auguy et à moi-même, utile de proposer une Histoire de France pour les adolescents (entre 10 et 14 ans). Les anciennes histoires des années 30 ou 40, présentaient des lacunes gênantes. Jean Auguy me demanda d’en écrire une. A l’origine il y avait deux conditions : Nous étions limités en volume et il nous fallait un très bon illustrateur. Je pris contact avec René Follet et j’eus la grande joie d’obtenir son accord pour une illustration vivante, abondante, intégrée au texte. Il fut donc l’artisan de la mise en page. Par la suite, il nous fut possible d’ajouter ce que nous n’avions pu intégrer dans la première édition. Mon objectif fut de m’adresser à des lecteurs entre 10 et 14 ans car j’ai constaté qu’un livre qui vous a plu à ces âges, participe à votre formation. Il faut attirer l’œil (par les illustrations réalistes, par des photographies, des cartes) et apporter des explications simples que les autres lectures et discussions avec les adultes approfondiront par la suite. La démarche n’est pas celle de la bande dessinée à la lecture souvent plus superficielle et qui s’adresse à un public plus vaste.

mercredi 12 novembre 2014

Des livres pour les petits Chouans - Trois questions à trois auteurs

Éditions des Petits Chouans
Entretiens avec Francine Bay, Brigitte Lundi et Mechtilde Savigny


Francine Bay

Lecture et Tradition : Nous vous connaissons depuis une dizaine d’années, lorsque vous aviez publié vos premiers livres, en 2002-2004. Aujourd’hui, vient de paraître le quatorzième de vos titres qui sont tous destinés aux enfants. Pour quelle raison avez-vous choisi de vous adresser ainsi à de jeunes lecteurs ?

Francine Bay : Tout naturellement parce que j’ai toujours été entourée de nombreux enfants : les miens, les petits-enfants maintenant, ceux du catéchisme ou du Chapelet des Enfants que nous organisons chaque année en famille. Ils sont avides d’apprendre, c’est merveilleux de les voir se passionner par ce qu’ils découvrent… et c’est donc très motivant d’écrire pour eux ! Et puis il y a une urgence de transmettre au plus grand nombre d’entre eux tout le trésor de notre foi, de notre histoire chrétienne : ce sont leurs racines, il ne faut pas les leur voler, afin qu’ils puissent tenir bon dans le vent et les tempêtes !
Mais je suis heureuse également quand des parents ou grands-parents me disent qu’eux aussi ont appris des choses en me lisant : l’esprit d’enfance n’a pas d’âge !

Pour Dieu… avec Miguel
L. et T. : La plupart de vos précédents livres racontent la vie de saints connus (sainte Anne, Marie-Madeleine, Belles histoires de saints de France…) ou sont les récits de merveilleuses apparitions (L’Ile Bouchard, Notre-Dame du Laus…). Vous consacrez le dernier paru à un jeune Espagnol presque ignoré. Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’ainsi le « sortir de l’oubli » ?

F. B. : Il est vrai que certains de mes livres relatent souvent des faits bien connus ; mais j’ai beaucoup à cœur aussi d’y ajouter ce que souvent personne, ou presque, ne sait. Mon petit livre sur sainte Anne en est un bon exemple : bien sûr, tout le monde connaît les parents de la Vierge Marie ; mais rares sans doute sont ceux qui comprennent par exemple les magnifiques fresques de Giotto à Padoue, illustrant en détail la vie de sainte Anne et de saint Joachim… Mes jeunes lecteurs, eux, le sauront, et connaîtront aussi la passionnante histoire des reliques de sainte Anne conservées dans l’ancienne cathédrale d’Apt dans le Vaucluse, grand lieu de pèlerinage bien avant Sainte Anne d’Auray. De même, mes livres sur saint Bernard de Menthon (le fondateur des Hospices du Grand et du Petit Saint Bernard), ou sur les miracles eucharistiques, poursuivent le même but : faire connaître aux enfants et aux jeunes quelque chose qui pour eux sera vraiment nouveau… bien que très ancien : quelque chose d’un peu oublié, en somme.
Pour ce dernier livre sur Calanda, il s’agit là d’un miracle vraiment exceptionnel, qui a fait beaucoup de bruit au XVIIe siècle et a déchaîné les passions dans toute l’Europe, à la veille du siècle dit « des Lumières ». Encore maintenant les miracles sont souvent profondément méprisés par l’esprit positiviste. Pourtant, l’enquête concernant celui-ci a été menée avec une extrême rigueur ; c’est un modèle du genre. Après plusieurs siècles d’oubli, j’ai pensé qu’il était urgent de lui faire franchir à nouveau les Pyrénées !

lundi 13 octobre 2014

Tour d'horizon sur la franc-maçonnerie

Entretien avec Arnaud de Lassus (extrait)
« Personnification permanente de la révolution, (la franc-maçonnerie) constitue une sorte de société retournée dont le but est d’exercer une suzeraineté occulte sur la société reconnue et dont la raison d’être consiste entièrement dans la guerre à faire à Dieu et à son Eglise. »
Léon XIII, Annum ingressi (« Parvenus à la 25e année »)
Lettre apostolique du 19 mars 1902.

Lecture et Tradition : Vous avez accepté de donner une préface pour la 6e édition du livre de Léon de Poncins, La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets que viennent de publier les Editions de Chiré. En rappelant à nos lecteurs que la première édition de cette étude est parue il y a 80 ans, en 1934, vous estimez donc qu’il vous a semblé utile et peut-être même nécessaire de remettre cet ouvrage à la disposition du public. Pouvez-vous nous en donner les raisons et dire quelques mots pour présenter L. de Poncins, « l’homme et l’œuvre », selon la formule consacrée ? 

Arnaud de Lassus : Les éditeurs, dans l’avant-propos qu’ils ont donné pour la quatrième édition du livre de Léon de Poncins (1972), ont répondu ainsi à cette même question :
Pourquoi cette réédition d’une étude vieille de quarante années ?
Dans le domaine de l’évolution des idées et des civilisations, quarante années sont peu de chose et, malgré une abondante production littéraire, il y a peu de bons livres qui traitent de l’ensemble de cette question, bien peu qui aient survécu à l’épreuve du temps.
Et c’est parce que c’est un très bon livre sur le sujet que « La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets » a connu six éditions successives.
Voici comment est présenté l’auteur, Léon de Poncins, dans la quatrième édition :
Exploitant agricole, né à Civens (Loire) le 3 novembre 1897. Spécialisé dans l’étude des mouvements révolutionnaires contemporains, et convaincu de l’influence des sociétés secrètes sur les grands bouleversements politiques et sociaux, L. de Poncins a consacré à ce problème plusieurs ouvrages qui eurent un certain retentissement à l’étranger où ils furent traduits dans plusieurs pays. Le premier parut en 1928 sous le titre Les forces secrètes de la Révolution. Vinrent ensuite une quinzaine de livres dont Christianisme et Franc-Maçonnerie (1969) et La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets (1972) qui vient de faire l’objet d’une récente réédition.

vendredi 19 septembre 2014

Le livre et la lecture

Extrait de l'allocution de clôture des 44èmes Journées chouannes (7 septembre 2014), par François-Xavier d'Hautefeuille.

Vous en êtes – j’en suis certain – tous convaincus : le livre et la lecture sont les supports de la transmission de la connaissance. L’écrit et la lecture sont les miroirs de la civilisation qui se transmet de génération en génération.
La chute inquiétante, non seulement du nombre de lecteurs, mais aussi de la lecture, à savoir que les gros lecteurs d’aujourd’hui lisent moins que les gros lecteurs d’hier, est significatif d’une crise intellectuelle et morale très forte. Est-ce une fin de civilisation qui se prépare ? Comment la génération montante pourrait-elle transmettre le flambeau qu’elle a reçu puisqu’elle ne fait même pas l’effort de prendre connaissance de ce flambeau ?
Aussi, je me suis posé quelques questions et j’ai cherché à y répondre : Pourquoi lire ? Comment lire ? Pourquoi le livre ? Pourquoi la revue ? Et, enfin, pourquoi et comment développer le goût de la lecture ?

Pourquoi lire ?

« Tout homme désire naturellement savoir », nous dit Aristote. Aussi la lecture est-elle naturelle à l’homme puisqu’elle lui permet de savoir. La lecture est nécessaire à la formation de l’esprit de nos enfants, de l’orthographe, la grammaire, la culture générale…
Pourquoi lire ? Mais parque qu’en lisant, on apprend ! La connaissance s’acquiert par la lecture. Le vocabulaire aussi. La formulation aussi.
C’est en lisant de plus en plus que nos capacités à lire s’améliorent. Ceux qui lisent peu devraient faire l’essai de lire régulièrement, car l’habitude facilite les choses.
Je peux lire pour me divertir, pour m’évader, pour réfléchir. Et je crois qu’il ne faut négliger aucun de ces caractères de la lecture… Je ne remercierai d’ailleurs jamais assez mes parents de m’avoir donné ce goût pour la lecture, lu des livres, raconté des histoires.